Les hirondelles
Mes beaux amis,
Je vais vous raconter une histoire: Celle de deux êtres qui, par le plus grand des hasards, s'étaient retrouvés, après que leur union se soit interrompue dans une vie antérieure: C'est ainsi que ma Zou voyait ce qui nous arrivait, et de fait, c'était comme si, après toutes ces années de vie entre parenthèse, notre rencontre était somme toute normale, évidente.
Ma Zou avait acquis un chalet dans ses Ardennes bien-aimées, avec ses économies de toute une vie: Un vieux monsieur y avait habité, avant qu'il suive son épouse décédée quelque temps auparavant... Il avait appelé son chalet " l'Hirondelle". C'était dans un lieu empli de magie, dans une toute petite bourgade, Bourseigne, enchâssée au milieu d'un forêt majestueuse, immense, où les sapins noirs laissaient à peine passer la lumière, créant une ambiance emplie de mystère...
Zou avait un lien particulier avec la forêt, avec les arbres: ce lieu ETAIT elle, et jamais elle n'aurait dû quitter cet endroit: Ses yeux brillaient, tout son être vibrait de son bonheur, de cette symbiose avec son environnement:
C'était sans compter sans son "compagnon", qui l'a alors trahie, en la méprisant, en lui empêchant même de faire son studio pour la musique, alors qu'il le lui avait promis: Petit à petit, il l'a évincée, la minant jour après jour, allant jusqu'à lui interdire d'acheter un pot de confiture ou une peluche: seuls comptaient ses armes, dont il était féru, et ses bières...
Puis je suis venu, comme je vous l'ai dit dans mon autre post, l'arracher à cet enfer, et c'est véritablement la mort dans l'âme que ma pauvre Zou m'a suivi: Littéralement arrachée, elle qui était profondément enracinée dans la fierté d'appartenir à ce pays, à cet environnement qu'elle avait toujours connu.
Voilà pourquoi je l'appelais "mon hirondelle": parce que je voulais essayer de compenser le mal que lui faisait désormais ce mot, qui correspondait pour elle à un paradis perdu.
C'est mon Océan qui a été le témoin de tout ce malheur: Elle me disait " ce n'est pas pour le Portugal que je suis venu, c'est pour être avec toi"
Voilà, en très résumé, je viens de poser le contexte de ce qui suit:
Vers le mois de mai donc ( nous ne savions pas encore qu'elle était si malade ) j'ai voulu lui offrir une musique composée sur l'inspiration des hirondelles que nous avons évidemment en grand nombre ici:
Avez-vous déjà entendu chanter les hirondelles ? une espèce de pépiement très modulé qui se termine invariablement par une sorte de cliquetis en montant, toujours le même: J'ai essayé de "styliser" ce chant avec quelques notes.
En fait, l'histoire que racontent les hirondelles ici est celle des saisons qui passent..qui n'auraient jamais dû s'arrêter ce 28 septembre.
Pour finir, cette compo est aussi la dernière musique que mon Amour a emporté, la veille de son départ:
Je lui avais amené un lecteur de CD: ce jour-là, elle n'a pas repris conscience, mais les infirmières m'avaient dit que l'audition était le dernier sens á disparaître, alors quand je lui ai mis le casque sur les oreilles, j’ai vu sa respiration si vacillante redevenir normale, le temps du morceau: Ça mes amis, je peux vous dire que je l'emporterai avec moi aussi...
Je vous offre cette musique, c'est tout ce que je peux faire pour vous remercier, pour essayer de vivre encore et sceller l'éternité de ma Zou, qu'elle continue d'exister, à l'infini, au travers de ce partage qui m'est nécessaire.
Je vous proposerai quatre autres musiques après celle-là, qui diront la suite de ce que nous avons vécu.
Merci encore mes amis, tellement merci
Thierry
Et pour ceux qui voudraient télécharger cette compo:
Télécharger « LES HIRONDELLES (2).mp3 »
Et...Thierry-Mysterio, j'ai fini par retrouver les boutons pour mettre la musique: C'était simplement que, du boulot, c'est impossible, le serveur de la boîte bridant un maximum de fonctionnalités d'Internet...alors que de chez moi, tout apparaît !